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Presse

Article ADIAC Congo/ Les Dépêches de Brazzaville – Antoine Daniel Kongo – 26 Février 2016

« France : Paris-Kinshasa Express, musique congolaise made in Paris! »

Paris et Kinshasa dialoguent et virevoltent en parfaite osmose par instruments, chansons et danses interposées

Le groupe musical « Paris-Kinshasa Express » sera en concert le vendredi 18 mars prochain à Paris à l’Olympic Café, au cœur de Château rouge, le quartier le plus congolais de Paris !

Dans le cadre de la série de ses concerts prévus en 2016, Paris-Kinshasa Express, fondé par Patrick Moundélé, se produira à Paris, à l’Olympic Café, le 18 mars, à partir de 20h30. Connu pour sa musique métissée et pour son show explosif, le groupe offrira un répertoire varié comprenant des chansons en français, lingala, anglais, aux sonorités traditionnelles très rythmées de la musique congolaise. De quoi transporter les spectateurs vers un ailleurs dans la joie et la bonne humeur. Un voyage assuré le temps d’un spectacle avec une escale musicale entre les capitales française et congolaise.

Ce transbordement musical se renouvelle à chacune de leurs apparitions grâce à une aventure humaine impulsée par la passion du leader du groupe et lead vocal, Patrick Moundélé. Muni de son légendaire likembé qu’il caresse de ses doigts experts, Patrick Moundélé, compositeur-arrangeur, offre avec son groupe des moments festifs à la manière de la pure tradition des spectacles des deux rives du fleuve Congo. Ce majestueux fleuve a bercé l’enfance de Patrick Moundélé dès ses deux mois et l’a vu vivre avec ses parents à Kinshasa jusqu’à ses neuf ans. De quoi devenir un amoureux de la musique congolaise et en parler des heures durant sans se lasser.

Cela transparaît sur scène : les influences des cultures s’entremêlent. Paris et Kinshasa dialoguent et virevoltent en parfaite osmose par instruments, chansons et danses interposées.

Pour inviter le public au concert, Patrick Moundélé esquisse quelques mots en lingala « Bandeko ba bolingo ! Embarquement le 18 mars à l’Olympic Café avec un aller-retour Paris-Kinshasa en express pour 2 personnes à moins de 15€ : là c’est cadeau ! ».

Article sur AFRICAVIVRE.COM- Lola Simonet – Juin 2014

«Paris-Kinshasa Express, par amour des musiques congolaises»

Gombo musical façon « sauce saka-saka » le plus dynamique du moment !

Interview croisée avec Patrick Pellé « Mundélé » et Mama Cécilia, les fondateurs du groupe PKE

Ils forment le noyau dur du groupe de musique congolaise Paris-Kinshasa Express, véritable machine à faire danser même les plus réfractaires.

Le guitariste, chanteur Patrick Pellé « Mundélé » (le blanc, en lingala) et la danseuse, choriste Cécile Cassin, alias Mama Cécilia, ont créé en 2010 ce collectif musical à taille variable composé de près d’une dizaine de musiciens, qui a sorti l’année dernière un premier album éponyme de sept titres.

Deux français à la tête d’un groupe de musique congolaise, il n’en fallait pas plus pour susciter notre curiosité. Rencontre avec les leaders du gombo musical façon « sauce saka-saka » le plus dynamique du moment !

Africavivre : Comment est né le groupe Paris-Kinshasa Express ?

Patrick Pellé « Mundélé » : Il est né d’une rencontre, entre Mama Cécilia et moi-même. Mama Cécilia m’a présenté des musiciens congolais avec qu j’ai commencé à jouer.

Mama Cécilia : Oui, Patrick, qui est guitariste et joueur de likembé (piano à doigts, ndlr), a commencé à travailler avec certains musiciens congolais que je connaissais et c’est comme cela que le groupe s’est formé autour de lui.

Patrick Pellé « Mundélé » : Et le nom du groupe nous est venu naturellement car il faut savoir que Kinshasa est la deuxième ville francophone au monde après Paris, et il nous a semblé important de contribuer à développer cette passerelle, ce lien entre ces deux villes. C’est l’amour de ce français au verbe piquant qui nous unit, de Kinshasa à Paris.

Africavivre : Comment qualifieriez-vous votre musique ?

Patrick Pellé « Mundélé » : C’est une musique congolaise métissée qui s’inspire des anciens groupes de musique congolaise comme Maître Franco (un des maîtres de la rumba congolaise, célèbre membre de l’OK Jazz, ndlr), Zaïko (Zaiko Langa Langa, un groupe célèbre formé en 1969 au Congo Kinshasa, ndlr), les Grands Maquisards (autre groupe célèbre formé la même année à Kinshasa, ndlr)…

Tous ces grands groupes qui ont façonné la musique congolaise, de Grand Kallé (célèbre musicien congolais, chanteur et chef de groupe au sein du groupe de rumba Grand Kallé et l’African Jazz, père de la musique congolaise moderne, ndlr) jusqu’à Zaïko qui a révolutionné cette musique en supprimant les cuivres et en y ajoutant le synthé. Elle est également influencée par les rythmes et musiques d’Angola et par l’afrobeat, dans le sens où Fela l’entendait quand il parlait d’« afrobeats » !

Mama Cécilia : Une musique métissée avec une « French touch » également dans la composition comme dans les textes, car on s’inscrit dans la tradition de la chanson à textes française.

Patrick Pellé « Mundélé » : Et avec du texte en français et lingala pour métisser le tout jusqu’au bout !

Africavivre : Votre groupe est atypique : on y trouve de grandes pointures de la musique congolaise, mais aussi des musiciens français et, plus exotique… japonais !

Patrick Pellé « Mundélé » : Ce n’est pas surprenant quand on pense que la musique congolaise est écoutée sur tous les continents et notamment au Japon où certains groupes congolais ont tourné ! Au sein du PKE (Paris-Kinshasa Express), nous avons effectivement un bassiste japonais, Niwa Koshi, qui parle mieux lingala que français !

Pour ce qui est des musiciens congolais, il faut dire que Paris est un vivier d’artistes congolais de grande envergure, des stars dans leur pays connus de toute la diaspora congolaise mais tout à fait inconnus ici. C’est le cas de Nono Munzuluku « Atalaku » par exemple, un des premiers animateurs du groupe Zaïko Langa Langa. « Atalaku » signifie d’ailleurs en lingala, le « crieur », celui qui crie. Il anime les titres et invite les spectateurs à se lever et à danser sur la musique, à un moment bien précis de la chanson.

Au départ, on appelait ces moments les « sebene », il s’agissait de moments dédiés aux solos instrumentaux : les cuivres, les guitaristes, les percussionnistes, mais petit-à-petit, le crieur/animateur a fait sien ce moment pour inviter les danseurs sur la piste.

Mama Cécilia : Parmi nos musiciens, nous comptons aussi une saxophoniste d’origine togolaise, Nathalie Ahadji

Patrick Pellé « Mundélé » : Mais il est vrai que les postes-clés du groupe que sont la batterie, les percussions et la guitare lead sont occupés par des Congolais. Notre guitariste, Elvis Kunku Nguidi, est l’ancien guitariste de Pépé Kallé et l’Orchestre Empire Bakuba, groupe de grande renommée de la même génération que celle de Zaïko Langa Langa. L’influence de ce groupe-ci a dépassé les frontières du Congo. Un jour, aux Antilles, il m’est arrivé de les entendre à la radio. Preuve que les Antillais ne les ont pas oubliés ! Pareil pour notre percussionniste Oléko Esabé Masamba, musicien éminent au Congo.

Africavivre : Patrick, vous possédez une grande connaissance de ces musiques et de ces groupes mythiques des années 1970/1980 dans les deux Congo. Pourquoi ? Vous avez des liens personnels avec la musique congolaise et les deux Congo ?

Patrick Pellé « Mundélé » : J’ai grandi à Kinshasa. J’ai baigné dans cette musique étant jeune, elle m’a investi, a pénétré mon cœur, mon esprit et mon corps. Je la ressentais dans tout mon corps petit car elle était omniprésente. Et puis, une fois arrivé en Europe à l’âge de 9 ans, j’ai eu l’impression qu’une porte se refermait sur cette époque, cette vie. Je me suis ouvert à d’autres musiques : le reggae, le hip-hop un peu, la chanson française… Plus tard, j’ai rouvert cette porte quand j’ai rencontré Mama Cécilia, qui m’a mis en relation avec des musiciens congolais.

Africavivre : Un des titres de votre album s’intitule « Coltan na congo ». Il dénonce les conflits dévastateurs qui minent la RDC dans les régions où est extrait le coltan, ce minerai utilisé dans la fabrication des téléphones portables. PKE n’ambitionne pas seulement de remettre au goût du jour les musiques congolaises dansantes, vous abordez également des sujets de fond qui touchent tous les Congolais…

Patrick Pellé « Mundélé » : Ce texte, je l’ai écrit en collaboration avec un auteur d’un autre groupe. Vous savez, le « coltan » c’est un peu le « talon d’Achille » de l’exploitation de minerais au Congo…

Mama Cécilia : En fait, c’est en cela que nous nous rapprochons de l’esprit des chansons à textes françaises, car nous abordons des sujets variés de la vie congolaise, dont des sujets graves où nos textes font sens.

Patrick Pellé « Mundélé » : Et en cela, nous sommes là aussi fidèles à l’écriture des groupes congolais d’antan qui se servaient du double sens pour contourner la censure. Je pense par exemple à Franco Luambo Makiadi (de l’OK Jazz, ndlr) ou bien à Zao du Congo Brazzaville qui maniait l’ironie comme personne. Et là, je pense au titre « Ancien Combattant », ou encore à « Soulard », et « Corbillard ».

Africavivre : Quelles sont vos prochaines dates ?

Mama Cécilia : Nous jouerons le 28 juin à Palaiseau dans le cadre du Festival Palaiseau en fête. Puis le 25 juillet au Festival Sunart de Pertuis dans le Vaucluse. Et le 30 août au Festival L’Escale à Brétigny-sur-Orge ! Venez nombreux nous voir !

Les conseils littéraires, musicaux, cinématographiques et culinaires de Patrick Pellé « Mundélé » et Mama Cécilia

Africavivre : Quel écrivain du continent africain conseilleriez-vous à nos lecteurs ?
Mama Cécilia : Alain Mabanckou, il me fait bien rire. Et le livre « Ségou » de Maryse Condé.
Patrick Pellé « Mundélé » : Congo. Une histoire de David Van Reybrouck.

Africavivre : Quel réalisateur conseilleriez-vous ?
Mama Cécilia : Raoul Peck.
Patrick Pellé « Mundélé » : Le film Viva Riva du réalisateur Djo Tunda Wa Munga.

Africavivre : Quel est votre plat africain préféré ?
Mama Cécilia : Les grillades, qu’il s’agisse de poisson, poulet ou viande. J’aime la façon dont elles sont préparées en Afrique.
Patrick Pellé « Mundélé » : Le « muambé » une sauce arachide que tu manges avec du saka-saka (sauce aux feuilles de manioc) avec du poulet, de la viande ou du poisson et du riz, ou foufou. Un délice !

Africavivre : Vos recommandations musicales ?
Patrick Pellé « Mundélé » : Le chanteur Zao du Congo Brazzaville. Et aussi l’album « Francophonics » qui regroupe plusieurs titres du grand Maître Franco.
Mama Cécilia : La compilation « Congotronics » qui rassemble des musiques tradi-modernes des deux Congos en deux ou trois volumes et qui permettra à vos lecteurs de découvrir notamment le jeu spécifique du likembé dans cette région.

Interview ET BAAM ! Par Lauriane Morel  –  30 Mars 2014

«Paris-Kinshasa Express: la musique métissée du Congo»

Les mélodies de guitares se promènent sur les rythmes dansants du Congo… C’est la musique du groupe Paris-Kinshasa Express ! Son leader, Patrick Mundélé, a profité du salon professionnel Babel Med Music pour présenter leur nouvel album éponyme, le 22 mars 2014 au Dock des Suds à Marseille.Patrick Mundélé, vous aviez à peine deux mois quand vous êtes arrivé au Congo. Vous y êtes resté jusqu’à l’âge de neuf ans. Quelle imprégnation avez-vous gardée de ce pays ?

PM : Elle est forte ! Une fois arrivé en France, je ne supportais pas les chaussons ou les blousons… Je pouvais marcher pieds nus sur des galets. J’ai mis quatre à cinq ans avant de m’adapter à la France.

C’était donc à Paris. Êtes-vous parvenu à rencontrer des musiciens facilement pendant votre adolescence ?

PM : Des musiciens oui, mais pas des Congolais. J’ai mis un certain temps avant de recroiser le chemin de la diaspora congolaise et de l’intégrer, dans les années 2000.

Le projet Paris-Kinshasa Express a émergé en 2013. Vous êtes passé par de nombreuses expériences musicales avant de produire ces chansons métissées…

PM : Oui, j’étais plus dans une musique caribéenne, jamaïcaine, avec du ragga, reggae et même du dancehall. Le projet Paris-Kinshasa Express représente un revirement assez radical. Mais cela s’est fait naturellement. Auparavant je travaillais avec Lacrymo – je produis d’ailleurs encore ponctuellement des choses avec l’un des chanteurs. C’était une formation de reggae métissé que l’on voulait acoustique. Elle a fait son temps, cela a plutôt bien marché en Île-de-France : nous avions fait la première partie de Magic System à une époque… mais c’est du passé. Aujourd’hui, je suis sur un projet qui n’a rien de commun, qui a une puissance en lui très différente de ce que j’ai fait auparavant.

Vous avez avec vous un petit instrument qui vous accompagne sur scène, comment s’appelle-t-il ?

PM : C’est un likembé (ou sanza, piano à pouces, ndlr). Il en existe de différentes tailles, mais pour voyager je prends le petit de la panoplie. Au sein de la rumba congolaise, c’est un peu l’ancêtre de la guitare. Historiquement, c’est un instrument sacré d’Afrique centrale. Il était aussi utilisé par des guérisseurs ou par les hommes qui parcouraient des distances impressionnantes. A ma connaissance, les premiers étaient fabriqués avec des lamelles en bambou. Mais le peuple Bantou (dont l’instrument est issu) est un peuple d’Afrique qui a utilisé le fer très rapidement. Pour citer un grand groupe de likembé, je peux évoquer Antoine Mundanda, qui avait monté un trio de likembés géants.

En plus de cet instrument, dans l’album Paris-Kinshasa Express, vous jouez de la guitare et vous chantez, parfois en lingala… le groupe se compose d’un noyau dur et de musiciens d’horizons divers qui gravitent autour ?

PM : Oui, le bassiste japonais Niwa Koshi en fait partie (il parle d’ailleurs très bien le lingala !). Se sont joints à l’aventure des personnes du Togo, du Cameroun mais aussi des Antilles. Les deux Congos sont présents puisqu’on peut difficilement parler de Kinshasa sans parler de Brazzaville et vice-versa. (Nono Atalaku et Elvis Kunku ont notamment contribué à l’album, ndlr).

Enfin, parmi les sept titres de Paris-Kinshasa Express, on trouve Mabele. Quel est le sens de cette chanson ?

PM : Mabele signifie la terre ou poitrine, selon la prononciation. Pour moi, c’est un parallèle intéressant car on traite de ce qui donne la vie. J’aime cette métaphore des battements du cœur de la terre. On pourrait imaginer le monde comme une polyrythmie dans laquelle tous les cœurs, imbriqués les uns avec les autres, battent ensemble. A chaque fois que l’on ôterait l’un de ces cœurs, la polyrythmie s’affaiblirait et donc nous avec… J’essaie de dire par là que la société est basée sur des ressources épuisables et que, quelle que soit notre continent d’origine, il faut être très prudents.

Article AFRICULTURES.COM – Magatte Mbengue – 30 Septembre 2013

«Paris Kinshasa Express : mon ADN musical est congolais»

Arrangements de qualité et (les) influences des grands noms de la musique congolaise

Avec un premier album sorti en juillet 2013, le collectif Paris Kinshasa Express propose un voyage de sonorités original. Rencontre.

De la musique tu feras… en Lingala tu chanteras ! Ainsi pourrait se résumer la rencontre de la musique congolaise et Patrick Pellé alias Patrick Mundélé, fondateur du Paris Kinshasa Express.

Arrivé à Kinshasa dans les valises de ses parents à l’âge de 2 mois, Patrick Mundélé a été biberonné de musique congolaise jusqu’à la veille de son 10e anniversaire, quand il a quitté le Kin’ pour Paris. Emportant avec lui les souvenirs d’enfance, les apprentissages, l’absorption passive d’une culture et ses influences qui ne le quitteront. « À 9 ans, on connaît déjà les goûts, les couleurs, les odeurs et les senteurs. Et je savais déjà danser avec le bassin. » Parti avec son bagage culturel congolais pour Paris, le jeune homme garde sa part de « congoloïté » enfouie en lui. Elle lui joue des tours dans les booms où la danse congolaise qu’il pratique le fait paraître « louche » devant ses camarades. Alors il danse dans sa chambre, seul ne pouvant se délester de cette partie de son moi forgé très loin d’ici sur les rives du fleuve Congo.

La musique, le fleuve et le militaire
Il pratique la musique, entre au conservatoire et se frotte à différents styles musicaux – métal, dancehall, reggae, rock progressif, ragga, hip-hop, ska… Mais en lui sommeille toujours la musique congolaise. Au conservatoire, il refuse d’apprendre le solfège « pour ne pas reproduire ce qui a été déjà fait ». Arriva ce qui devait être le déclic, Patrick Mundélé débarque au Congo vingt-quatre ans après son départ. L’enthousiasme et l’excitation atteignent des sommets. Le choc culturel aussi. Ses identités congolaise et française se questionnent. Son cheminement musical prend tout son sens. Joueur autodidacte de Likembé, il part à la recherche de Maîtres et de mentors. Et comme une récompense, il est invité par Zao dans son village. Il rencontre Mundanda, les frères Fackés et Makouaya. Autre personnalité qui l’a marqué : Papa Courant. Ce dernier lui enseigne la sagesse de la transmission « tout restera ici bas. Nous n’emporterons rien avec nous ». Le voyage se poursuit mais son visa de séjour expire. Patrick Mundélé se retrouve devant un haut gradé de l’armée. « Vous savez jouer du Likembé vous » lui dit le militaire. « Alors jouez ! » Patrick s’exécute et décroche là son droit de séjourner au Congo.

De retour à Paris auréolé de toutes ses rencontres, il lance le défi du Paris Kinshasa Express. Le projet, rappelle-t-il, est un travail de groupe dès l’origine. Mama Cécilia, prof de danse, m’a introduit auprès de Lidjo Kwempa, qui nous a présentés aux gars de village Moungagna.  » Au début, on nous a observés. Vous voulez faire de la musique congolaise allez-y ! On a persévéré et ils ont fini par nous prendre au sérieux. Pendant toute la création cet album, je n’écoutais que de la musique congolaise. «  Pour Mama Cécilia, c’est une évidence : « Mon père est guadeloupéen et écoutait beaucoup de musique congolaise à la maison. Je me suis sentie dans mon élément dans cette musique et au Congo bien que je sois spécialisée dans la danse ouest africaine ».

Le résultat donne un album autoproduit où le style d’un premier opus transparaît. Les arrangements de qualité et (les) influences des grands noms de la musique congolaise de Zaïko à Zao en passant par Pépé Kallé ou encore Franco sont en revanche, bien présentes. Mais, comme souvent dans une première production, on a envie de balayer plusieurs styles. Pourtant un tri aurait permis de donner plus d’épaisseur à certains morceaux. La voix claire de Patrick, bien qu’à l’aise sur le Lingala irait bien avec les chœurs typiques du Congo au timbre perché et enveloppant. Le pari reste de faire swinguer le public sur scène. À ce propos, l’énergie qui anime Patrick et son enthousiasme devraient faire l’affaire !

Chronique dans AMINA – Luigi Elongui – Septembre 2013

Premier album qui étonne par la fraicheur de l'inspiration, le sens de la mélodie, l'originalité des arrangements

Des airs jubilatoires, les atmosphères euphorisantes de Poto-Poto et de Limeté, bref la fièvre de la danse et de la convivialité, comme dans les meilleures traditions du Pool Malebo, cuvette fluviale et sonore qui joint Kinshasa et Brazzaville, les deux capitales les plus proches au monde. Artisan atypique de ces joutes musicales qui renouent avec les fastes de la rumba d’autrefois, Patrick Mundele -son nom le dit, qui en lingala veut dire « Blanc »- est un  jeune européen né à Kin, où il a vécu jusqu’à l’âge de 9 ans. Chanteur, guitariste, auteur-compositeur, étonnant joueur de sansza et bandleader, le jeune homme a étudié le chant lyrique au conservatoire avant d’évoluer dans de nombreuses formations aux couleurs africaines à Paname.

Depuis cinq ans, il collabore avec les artistes de la diaspora congolaise de Paris, notamment les membres des groupes La Musica Act 2 et Village Mongania. Paris-Kinshasa Express est son premier album qui étonne par la fraicheur de l’inspiration, le sens de la mélodie, l’originalité des arrangements et…une flûte malicieuse. Et ça déménage sur la scène: le jeudi 26 septembre, tous à la Bellevilloise (Paris) pour le concert Paris-Kinshasa Express!

TELERAMA.FR – Sortir – Anne Berthod – Septembre 2013

Les musiques congolaises made in Paris, à la croisée de l’OK Jazz d’un Franco Luambo et de la verve dansante d’ambianceurs comme Zaïko Langa Langa, avec paroles en lingala et en français pour raconter avec ironie et gravité les mœurs kinoises et les souffrances du peuple congolais.

Article AFRIK.COM –  Assanatou Baldé – 8 Juillet 2013

«Paris-Kinshasa Express, retour aux sources de la musique congolaise»

Un show explosif qui met de bonne humeur touten abordant des sujets profonds.

Paris-Kinshasa Express sort son premier album officiellement ce 8 juillet. L’oeuvre musicale du groupe, composé d’une dizaine de personnes et dirigé par le Français Patrick Moundélé est originale. On y trouve des chansons en français, lingala, anglais, aux sonorités traditionnelles très rythmées de la musique congolaise. Un show explosif qui met de bonne humeur tout en abordant des sujets profonds.

Une escale musicale entre les capitales française et congolaise qui ne font désormais qu’une. Un cocktail au rythme puissant, dansant, à base de musique traditionnelle congolaise, assaisonné avec des chansons en français et lingala. C’est ça Paris-Kinshasa Express. Il aura fallu trois ans de dur labeur au groupe pour sortir son premier album. Il est dirigé par Patrick Moundélé, le lead vocal, aux cheveux noirs de jais, vêtu de façon décontractée, toujours muni d’un likembé, un instrument traditionnel d’Afrique centrale. Le trentenaire est aussi compositeur et arrangeur du groupe composé d’une dizaine de membres, dont des musiciens, danseurs, choristes. Tout ce beau monde assure sur scène un véritable show à la congolaise, où danses rythmées et puissance vocale du chanteur et des choristes s’entremêlent.

Paris Kinshasa Express c’est avant tout une aventure humaine impulsée par la passion. Le leader du groupe, Patrick Moundélé, en est à l’initiative. Il est capable de parler de la musique congolaise durant des heures sans s’en lasser. Lui qui a vécu une partie de sa vie à Kinshasa jusqu’à l’âge de neuf ans. Il a atterri dans la capitale congolaise pour la première fois lorsqu’il était à peine âgé de deux mois, grâce à son père pharmacien qui s’y était installé. Celui qui a grandit entre les deux rives des capitales française et congolaise a donc été bercé par la roumba traditionnelle congolaise, mais aussi par les chansons de la vieille France, d’où la naissance du projet Paris-Kinshasa. « J’ai grandi entre Kinshasa et la France, ce qui fait le métissage de ma musique. Ce sont mes influences personnelles qui sont dans cet album », explique Patrick Moundélé.

Pour l’amour de la musique congolaise

Paris-Kinshasa Express est née pour l’amour de la musique congolaise, qu’il considère comme la première musique panafricaine. « Le bassin congolais a un potentiel exceptionnel avec une grande diversité de sonorités musicales, selon le leader du groupe. La musique congolaise dépasse le cadre du Congo. Elle a une portée internationale. La preuve, même James Brown est venu au Congo pour s’y inspirer. Kinshasa est une espèce d’Europe africaine avec plus de 60 ethnies représentées. Malgré la misère, la musique reste sacrée. Elle y brillera toujours. La musique est le miroir de l’âme d’un peuple. Ce n’est pas étonnant que dans cette région, « l’art et les artistes sont respectés. Tout le monde y est un peu artiste. A Kinshasa, un monument a même été érigé pour rendre hommage aux plus grands artistes du pays ».

La création de Paris-Kinshasa Express a aussi été motivée par l’amour de la francophonie. A travers cet album, ce sont aussi les valeurs de la francophonie qui sont prônées. « La musique nous permet de les partager et de relier Paris à Kinshasa. Paris est une place très importante pour les artistes congolais qui viennent souvent enregistrer leurs chansons. »

Rêve d’un show à Kinshasa

Depuis de nombreuses années, la musique congolaise connaît un véritable appauvrissement. Aussi bien dans la recherche musicale, que la créativité et composition des textes, alors qu’elle est très riche, déplore Patrick Moundélé. Raison pour laquelle, dans son album, il a tenu à accorder beaucoup d’importance aux paroles de ses chansons qui doivent apporter un message au public, insiste-t-il. Ces dernières sont très subtiles. « Elles sont joyeuses et imagées, profondes, sans qu’on ne tombe pour autant dans le misérabilisme. On est sérieux sans pour autant se prendre trop au sérieux, explique-t-il. Les chansons sont aussi à l’image de l’humour congolais. Elles semblent drôles, mais cachent en réalité un sens très profond », assure-t-il.

Une profondeur accentuée par l’instrument traditionnel, le likembé, aux sonorités mélancoliques. Patrick Moundélé qui en joue depuis de nombreuses années n’hésite pas à nous faire une démonstration. Il place ses doigts sur les quatre cordes fines que contient ce bijou musical de petite taille et compose spontanément une mélodie qui nous plonge rapidement dans une profonde nostalgie. En Afrique centrale, le likembé est équivalent à la kora en Afrique de l’Ouest. C’est un instrument sacré qui, selon les croyances, avait le don de raccourcir les distances lors d’un voyage éprouvant. Il pourrait bien aussi porter chance à Patrick Moundélé et son groupe qui se produiront dans de nombreuses salles en région parisienne, notamment à la Bellevilloise.

Le lead vocal rêve déjà que Paris-Kinshasa Express se produise un jour en Afrique, notamment à Kinshasa. Là où tout a commencé…